Végétalisation de façade : genèse du mur végétal

Crédit : Le Prieuré

La réalisation d’un parement végétal, à l’extérieur ou à l’intérieur d’une habitation, nécessite l’arrimage d’une structure en treillis métallique sur la paroi concernée, tandis qu’un substrat de culture imputrescible sert de support à une large palette de végétaux.

Le concept de mur végétal est relativement récent. En France, les premiers ouvrages sont apparus il y a environ 20 ans, initiés par le botaniste Patrick Blanc. Depuis, plusieurs sociétés ont développé des systèmes spécifiques pouvant être mis en œuvre à l’extérieur ou à l’intérieur des bâtiments. Si le principe de base demeure le même pour tous, on distingue les procédés à vocation purement décorative, des systèmes jouant le rôle d’un véritable parement de façade, au même titre qu’un matériau de construction en bois, métal, minéral ou composite.

1 Un système complexe

La conception d’un mur végétal est paradoxalement très différente de celle d’une toiture verte. Plus complexe à la base, elle nécessite un structure portante, fixée sur le support vertical en maçonnerie, béton ou autre matériau. Ne pouvant capter les eaux de pluie en raison de son inclinaison et de son couvert végétal, elle implique par ailleurs l’installation d’un système d’irrigation automatique, fonctionnant en goutte à goutte, et permettant l’arrosage régulier de la végétation au même titre qu’un apport permanent en nutriments. Les rejets d’eau sont récupérés en pied de paroi et peuvent dans certains systèmes être réutilisés.

 

Un intérêt thermique et acoustique

Un mur végétalisé fonctionne comme un bouclier thermique en réduisant la température des parois exposées à la chaleur. Formant une surface absorbante vis à vis du son, il améliore également l’isolation acoustique de l’enveloppe.

 

2 Quelle structure

La structure du mur végétal est généralement formé de casiers métalliques de dimensions variées, superposés les uns aux autres, et réalisés en treillis d’acier galvanisé ou d’aluminium haute résistance. Signalons au passage que l’aluminium haute résistance possède une durabilité plus grande que l’acier galvanisé au contact de l’eau et des sels nutritifs. La structure est fixée au support, une lame d’air de 30 mm minimum devant toutefois être aménagée entre les deux éléments afin de permettre une bonne ventilation du support et d’éviter ainsi tout risque de condensation. 
L’intérieur de la structure métallique contient un substrat spécifique qui sert de support aux plantations. Il peut être de nature minéral (ex : laine de verre ou laine de roche hydrophile), synthétique (ex : feutre polyamide) ou organique, mais est amené dans ce dernier cas à se dégrader dans le temps sous l’action de l’eau et des sels minéraux. 
De nouveaux procédés de parement végétal peuvent en outre être associés à une isolation par l’extérieur, d’une épaisseur pouvant aller jusqu’à 200mm, et devraient prochainement faire l’objet d’un Avis Technique du Cstb.

Crédit : Wallflore

 

 

3 Quels végétaux

Les panneaux muraux sont généralement précultivés en pépinière. La palette de végétaux utilisable en extérieur comprend un choix très large de plantes vivaces, non gélives, à feuillage persistant, parmi lesquelles la famille des heuchera, ajuga, lirope, carex… Le choix est nettement plus étendu que dans le cas d’une toiture terrasse et autorise de jouer sur les caractéristiques odoriférantes et aromatiques des végétaux… A l’intérieur, du fait de conditions de température et d’humidité régulières, la palette fait essentiellement appel à des plantes d’origine tropicale et se contente d’une mince épaisseur de substrat : 45 mm environ contre 75 à 85 mm en extérieur. Les propriétés dépolluantes des végétaux et leur impact à l’intérieur des locaux font depuis quelques années l’objet d’études.  Quelques rares entreprises proposent un choix ciblé d’essences destinées à capter les polluants contenus dans l’air (ex : formaldéhyde, monoxyde de carbone, benzène…). Selon les procédés, le poids d’un mur végétal est compris entre 15 et 45 kg /m2.
Enfin, l’entretien d’un mur végétalisé passe par la vérification régulière du système d’irrigation ainsi qu’une taille saisonnière des végétaux avec arrachage des mauvaises herbes.

VP

 

Combien ça coûte ?

La technique du parement végétal est pour l’heure assez coûteuse. Il faut ainsi compter de l’ordre de 400 à 500 € /m2 (fourni posé) pour une réalisation en façade. Des murs décoratifs peuvent toutefois être installés par le particulier pour un coût moindre.

 

Crédit : evergreen-willow.blogspot.com

 

http://www.batiproduitsmaison.com

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